Comment définir précisément et avec le plus d'objectivité possible le mythe moustachu
Kenny "Jammin" Jason ? C'est compliqué. Puisque je suis partiellement nul pour présenter les gens importants qui ont fait plein de choses fabuleuses pour l'histoire de la musique et ont participé de manière significative à son évolution, je me contenterai seulement (et non sans jouir de mon
gain de temps et d'énergie) d'évoquer quelques souvenirs confus et autres informations glanées ça et là au cours de mes pérégrinations sur ce que l'on appelait jusqu'en 2002 "la toile".

C'est avant tout le producteur de l'un des meilleurs morceaux early-house de tous les temps,
Can U Dance. Si vous ne connaissez pas ce morceau, je vous invite à relire tous les articles de ce blog depuis ses débuts il y a presque deux ans pour expier vos pêchés. C'est aussi un gros monsieur dont la bonhomie n'est pas sans rappeler celle de votre professeur de musique au collège (ou de votre oncle syndiqué, au choix). C'est l'un des pionniers de la
house de Chicago et un ex-membre des
Hot Mix 5 qui étaient une sorte de
Double H Dj Crew pour les mecs de la dance music. Et surtout, c'est le mec à l'origine de (finalement) très peu de morceaux qui sont tous devenus classiques.
Ce morceau, présent dans toutes les compiles sur la House de Chicago, dans tous les tops de l'histoire de la musique électronique et dans tous les
countdowns rétrospectifs relou, est surtout une grande chanson d'amour. Une chanson d'amour badass dans laquelle la
femme porto-ricaine se venge de l'homme blanc, lui parle de
bijoux trop chers, se
fout de sa gueule, mais finit quand même par se réconcilier avec lui. Il y a une vraie histoire dans ce morceau, j'aime bien ça.
Ce track sorti sur le sous-label de Dj International,
Underground, nous présente encore une déferlante de sentiments féminins de type
latins voire,
latinos. Une sorte d'introspection poignante de la part de l'égérie des débuts de la dance music commercialisable,
Liz Torres. On retrouve encore ces gros synthés caractéristiques d'un style forcément moustachu, des refrains un peu partout, des cris aussi.
C'est un des rares morceaux sur le fait d'être
straight-edge qu'on peut écouter bourré et apprécier à sa juste valeur. Ce morceau a du être commandité par les services sociaux de la ville de Chicago pour mettre en garde la jeunesse dansante sur les dangers éventuels de la prise de drogue festive. Là encore, il y a une vraie histoire, avec de vrais interlocuteurs qui se répondent sur toujours les mêmes notes de clavier. C'est même
Fast Eddie qui joue le rôle du dealos qui INCITE la jeune ingénue
Paris Grey à goûter le dangereux poison. Mais elle lui prouvera que
son énergie est réelle et tout se finira bien.